Le miel, un abus qui pourrait couter tres cher…
Albert Einstein a dit ” Quand il n’y aura plus d’abeille, l’homme disparaîtra rapidement “.
Le syndrome d’effondrement des colonies (CCD) se caractérise par le fait que les ouvrières ne retournent pas dans la ruche. Un phénomène inexpliqué qui pourrait avoir des origines multiples.
LE SYNDROME d’effondrement des colonies d’abeilles, ou CCD (Colony Collapse Disorder), est apparu aux États-Unis à la fin 2006. Selon l’USDA, le département de l’Agriculture, il aurait déjà causé la disparition de la moitié des ruches dans le pays.
Les abeilles sont indispensable pour la polénisation. Sans abeilles, plus de polémisation. Plus de polémisation, plus de récoltes… Et là, c’est le drame ! L’USDA considère en effet que les abeilles sont à l’origine de 80% de la pollinisation des plantes (fruits, légumes et céréales) utilisées dans l’alimentation humaine. Le problème est tel, que les autorités s’inquiètent également pour la nourriture du bétail (céréales) et… la production de biocarburant en très forte expansion aux USA, avec les graines de colza notamment. Kevin Hackett, le responsable du programme de pollinisation et des abeilles à l’USDA, n’hésite pas à déclarer que cette crise est la plus grande menace globale que les USA aient connue pour leur autonomie alimentaire, tout en s’interrogeant sur l’aptitude des populations d’abeilles américaines à se reconstituer…
TAIWAN : Plusieurs millions d’abeilles seraient mortes à Taiwan ces dernières semaines. (…) Ce syndrome appelé « maladie de l’effondrement des essaims » touche plusieurs pays dans le monde. En 2006, on estimait que la diversité des espèces pollinisatrices avait chuté depuis 1980 de 52 % en Grande Bretagne, de 67 % en Hollande et aux Etats-Unis, à certains endroits de 80 %. C’est non seulement la filière apiculture qui subit des dégâts mais aussi tous ceux qui cultivent des plantes pour lesquelles la pollinisation est indispensable.
QUEBEC : Les ruches d’abeilles bourdonnent un peu moins cette année, partout à travers l’Amérique. Si les apiculteurs américains déplorent la mort de 30 à 70 pour cent de leur population butineuse, le Québec n’échappe pas à cette vague meurtrière. Cette mortalité inquiète beaucoup plus que les producteurs de miel.
Quoiqu’il n’en soit pas encore à s’arracher les cheveux sur la tête, Richard Côté, copropriétaire de la Ferme Lune de miel, à Stoke, ne vole pas dans un monde sans soucis. “Il y a 20 ans, nous étions 1000 apiculteurs au Québec. Il n’en reste environ que 250. Il y a présentement un manque de ruches pour la pollinisation. En conséquence, le manque d’abeilles bloque la progression des récoltes dans les bleuetières du Québec, par exemple. De plus, pour l’instant, nous ne suffisons qu’à 25 pour cent de la demande de miel.”
Autre problème, si les butineuses sont insuffisantes, les récoltes, notamment dans les vergers, seront plus petites et les fruits seront de moins bonne qualité. Pour répondre à la demande, il faut donc importer des ruches du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario. “La mort des abeilles peut avoir des répercussions qui vont loin. Un tiers de la production de tout ce qu’on mange est relié aux abeilles
MIEL ET AUTRES PRODUITS DE LA RUCHE
L’apiculture, c’est aussi la souffrance des abeilles. Le miel est la nourriture dont les abeilles ont besoin pour vivre. Après son extraction, lorsque l’effet calmant de la fumée s’est dissipé, les abeilles sont de mauvaise humeur et plus agressives. Pour qu’elles ne meurent pas de faim en hiver, l’apiculteur leur donne du sirop de sucre ou de mélasse. Mais, qu’il soit raffiné ou non, de betterave ou de canne, le sucre est extrait et séché à chaud. Vitamines et enzymes sont détruites, si bien que le sucre et la mélasse deviennent nocifs car déminéralisés. On peut tenter l’expérience de se nourrir uniquement de sucre et d’eau pendant quelques jours, voire quelques semaines. Divers symptômes font rapidement leur apparition : migraines, tiraillements dans les gencives, les sinus et les yeux, diminution de l’acuité visuelle. Le monde autour de vous semble changer de couleur, au sens propre comme au figuré : il paraît moins amical, plus agressif… En effet, c’est vous-même qui le devenez parce que vous avez les nerfs à fleur de peau. Le contact avec les autres devient difficile. Vous perdez le plaisir de vivre et devenez réellement souffrant si vous prolongez l’expérience : alternance d’états toniques et dépressifs ; dépendance vis-à-vis du sucre devenant petit à petit chronique ; des problèmes inflamatoires peuvent alors plus facilement se manifester sous diverses formes, telles que : sinusite, otite, angine, arthrose… Vulnérabilité accrue au diabète occasionnel ou névrotique, etc..
Par contre, une personne placée dans des conditions de survie peut rester en bonne santé en ne consommant que du miel non chauffé et de l’eau pure.
Cette souffrance, ce cauchemar, c’est celui que subissent les abeilles en hiver, alors que le sucre les détruit lentement et transforme leur vie en enfer. Leur force de vitalité diminue, si bien qu’elles deviennent une proie beaucoup plus vulnérable pour les maladies dégénératives.
L’apiculteur ajoute souvent d’autres produits au sirop de sucre, comme des antibiotiques, espérant ainsi prévenir les maladies. Maintenant, l’apiculteur qui, avant, aimait les abeilles, est devenu l’apiculteur qui aime l’argent. Il se livre à des pratiques plus cruelles les unes que les autres : il coupe les ailes aux reines ou en tue pour empêcher les essaimages ; il tord le cou aux faux-bourdons dont il veut se servir pour les inséminations artificielles (cause supplémentaire de dégénérescence) et détruit les autres mâles inutiles, pour s’approprier leur part de miel. Dans certaines régions des USA, les ruchers sont brûlés vifs après la récolte du miel, parce que l’importation de nouvelles colonies provenant de régions chaudes, au printemps suivant, coûte moins cher à l’apiculteur que de nourrir ses propres abeilles durant l’hiver.
Pollen, propolis, gelée royale, cire, … tout peut leur être pris au moyen des techniques actuelles, de sorte que l’apiculture doit être comptée aujourd’hui parmi les élevages industriels (sans toutefois généraliser car, ici comme ailleurs, il y a bien sûr des exceptions).
Les abeilles effectuent 80% de la pollinisation des cultures. Ce rôle qu’elles jouent est nettement plus important qu’il ne l’était jadis, parce que les abeilles d’élevage ont aujourd’hui remplacé un grand nombre de variétés d’insectes sauvages disparus suite à l’utilisation des pesticides.
L’exploitation des abeilles n’est pas seulement égoïste et inutile : elle provoque aussi leur dégénérescence, grave menace pour la production agricole, maraîchère et fruitière dans le monde entier, autrement dit pour notre propre survie. C’est pourquoi nous devrions veiller à prendre plus intelligemment soin des abeilles et autres insectes pollinisateurs tels que les bourdons, ainsi que leur environnement.
Est-ce juste une période courte de diminution de la population d’abeilles ? Vont-elles continuer à disparaître, au grand dam des apiculteurs et des agriculteurs ? Les abeilles vont-elles devenir des objets de musée ? Et puis c’est bon le miel… ça va manquer.
Si aucune solution n’est trouvé, si la cause de cette disparition des abeilles n’est pas trouvé et n’est pas enraillée, alors est-ce le début de la fin de l’humanité ? Mais serait-ce vraiment catastrophique ?