4 a 6% des émissions de gaz proviennent des pets de vaches!
Les millions de ruminants dans le monde digèrent mal. Et leurs
flatulences constituent l’un des pires gaz à effet de serres qui
soient. Comment empêcher que les pets de vache ne
réchauffent la planète?
Grande-Bretagne
13/04/2000 - Les carburants fossiles ne sont pas les seuls à
émettre des gaz à effet de serre. La digestion défaillante des
vaches et des moutons contribue aussi au réchauffement de la
planète. Le long séjours des aliments dans l’estomac des
ruminants se traduit par la production d’abondantes quantités de
méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus dommageable
que le gaz carbonique. En clair, les pets de vache représentent
15% du méthane produit dans le monde et des chercheurs
tentent de contrôler cette pollution alarmante.
Jamie Newbold, de l’Institut de
recherche de Rowett, en Écosse,
cherche des additifs alimentaires
qui amélioreraient la digestion des
vaches. Son arme secrète contre
les flatulences qui réchauffent
l’atmosphère se nomme
Brevibacillus parabrevis. Il s’agit
d’une bactérie qui se nourrit de
méthane, le transformant en gaz
carbonique, un gaz à effet de
serre aussi, mais beaucoup moins
nocif que le méthane.
L’approche retenue par le
chercheur consiste à ajouter
environ 10 grammes de
Brevibacillus à la diète quotidienne
des ruminants. Les essais sur les moutons indiquent que les
émissions de méthane sont réduites d’environ 16%. Durant la
longue digestion de ces animaux, les bactéries utilisent l’oxygène
disponible dans l’intestin pour transformer le méthane en gaz
carbonique. Détail qui intéressera les éleveurs, le processus
semble aussi améliorer la digestion en général : l’animal assimile
mieux l’herbe qu’il consomme. L’additif écologique augmente donc
aussi le rendement de l’élevage.
Les essais n’en sont encore qu’à leurs débuts. Après les
expériences en éprouvettes, les tentatives sur trois moutons ont
donné les résultats prévus. La réduction de 16% du méthane émis
peut sembler modeste. Mais si la méthode était appliquée à
l’ensemble des cheptels ovins et bovins, l’Europe pourrait réduire
ses émissions de méthane de 4 à 6%. Cela représente à peu près
la moitié des objectifs de réduction des gaz à effet d’ici 2010
assignés à l’Europe par le Protocole de Kyoto.
Vaches, méthane et changement climatique
Le traitement, mis au point par les scientifiques de l’équipe du Docteur Drocher, doit être combiné à un régime précis et associé à des heures de repas strictes pour les vaches. Le chercheur explique que leur recette consiste à transformer le méthane produit lors du processus de digestion en énergie plutôt qu’en gaz ce qui, au passage, doperait leur production de lait.
L’histoire ne dit pas si le traitement est susceptible d’être adapté à d’autres races animales, voire aux êtres humains.Comme d’habitude, au lieu de s’attaquer aux causes d’un problème, on préfère panser la plaie : la vraie solution se serait-elle pas tout simplement de réduire notre consommation de viande, le nombre de vaches et le nombre d’élevages ?